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La misanthropie dans Timon d’Athènes
François Laroque
« I am Misanthropos, and hate mankind »
Timon d’Athènes1 est
un peu la mal aimée et certainement la moins connue des pièces
de Shakespeare et il faut beaucoup d’audace ou d’optimisme
pour la porter à la scène. Peter Brook s’y était
risqué, avec le succès qu’on sait, au théâtre
des Bouffes du Nord, en jouant à la fois sur le minimalisme qui
est devenu sa marque de fabrique et en mettant en avant le thème
de la critique de l’argent et de la consommation qui pouvait encore,
quelque six années plus tard, faire vaguement écho aux revendications
de mai 68.
I. Voix et visages de la misanthropie
Au sein de l’euphorie dans laquelle semblent baigner les deux premières scènes, Apemantus, le philosophe bourru adepte de Diogène et des Cyniques, fait entendre sa différence, sa voix dissonante. Comme le fou de Lear, il s’efforce de ramener Timon sur terre, de lui faire toucher du doigt la manière éhontée dont la foule de parasites qui gravite autour de lui profite de sa folle générosité pour le conduire immanquablement sur le chemin de la ruine. Il dénonce les flatteurs dont toutes les douceurs sont aussi feintes que perfides : Apemantus (aside) So, so, there. Apemantus (à part) Et allez donc ! Apemantus va plus loin encore dans la scène II, où le banquet que donne Timon laisse entrevoir en filigrane un festin cannibale, un rendez vous des buveurs de sang: Apemantus I scorn thy meat. ’Twould choke me, for I should ne’er flatter thee. O you gods, what a number of men eats Timon, and he sees ’em not! It grieves me to see so many dip their meat in one man’s blood; and all the madness is, he cheers themp up, too. Apemantus Cette vision très noire du banquet et de la convivialité, où l’hôte serait donné en pâture à ses invités, retourne le banquet où l’on mange en une fête où l’on est mangé. Ce passage reprend, en la développant, la remarque misogyne qu’Apemantus avait faite au sujet des femmes : Timon Wilt dine with me, Apemantus? Apemantus No, I eat not lords. Timon An thou shouldst, thou’dst anger ladies. Apemantus O, they eat lords. So they come by great bellies. Timon That’s a lascivious apprehension. (I.207-211) Timon Tu viens dîner avec moi, Apemantus ? Apemantus Non, je ne mange pas de seigneurs. Timon Si c’était le cas, leur femme serait furieuse. Apemantus Mais elles les mangent bien, elles, avec leur gros ventre. Timon Tu as l’esprit mal tourné. Comme la pièce le montre par la suite, Apemantus n’a pas tort de ne nourrir aucune illusion sur les « amis » de Timon, dont il voit bien la nature prédatrice, mais ses avertissements qui ne peuvent naturellement pas être entendus à ce stade, montrent néanmoins chez lui un pessimisme proche de la misanthropie. Comme le dit le Premier Seigneur, « He’s opposite to humanity » (I.276) [Il déteste le genre humain]. Même Timon se montre agacé par ses critiques incessantes des fêtes somptueuses qu’il donne pour ses amis : Apemantus Thou giv’st so long, Timon, I fear me thou wilt give away thyself in paper shortly. What needs these feasts, pomps and vainglories? Timon Nay, an you begin to rail on society once, I am sworn not to give regard to you. Farewell, and come with better music. (II.242-48). Apemantus Tu donnes depuis si longtemps, Timon, que j’ai peur que tu te donnes toi-même à crédit sous peu. À quoi bon ces fêtes, ces fastes, ces vaines dépenses ? Timon Ah, si tu te mets à railler la société,
ne compte pas sur moi pour écouter. Adieu, reviens avec une musique
plus agréable. This is in thee a nature but infected, Cela n’est chez toi qu’une infection naturelle, Apemantus reste un donneur de leçons. Il n’a
pas pris la mesure de l’altération radicale qui a affecté
le comportement de Timon, lequel a déjà dépassé
le monde ancien pour se vouer à une exécration sans retenue
de tout ce qui avait auparavant fait sa joie et son bonheur. La confrontation
du cynique et du misanthrope, à la scène XIV, permet justement
de bien mesurer l’évolution qui s’est produite en lui.
You had rather be at a breakfast of enemies than a dinner of friends. (II.75-76) Tu préfères manger des ennemis au petit déjeuner que dîner avec tes amis. Par la suite, une fois tombée la sentence de son bannissement par le Sénat, Alcibiade, comme Timon, va se trouver confronté à l’injustice : Banish me? Me bannir, moi ? Il y a, dans cette condamnation du politique, toute l’amertume
du militaire qui déplore le manque de reconnaissance de la république
face à ses actions, quelque chose qui annonce les invectives de
Coriolan décidant, lui aussi, de se vouer à la ruine de
son pays natal après la sentence d’exil qui le frappe. D’une
certaine façon, Alcibiade est un double de Timon puisqu’il
subit de plein fouet l’ingratitude de ses obligés, les sénateurs,
et qu’il décide de se venger d’eux en entraînant
la ruine d’Athènes. Mais c’est un double actif car
Timon, lui, cantonnera sa vengeance au niveau du verbe et de l’imprécation,
comme le fait Hamlet avant son exil en Angleterre, qui est le moment charnière
où il se voit contraint de précipiter les choses et de se
lancer dans l’action. En un sens, Alcibiade est un peu le bras armé
du misanthrope, comme Fortinbras était celui du prince de Danemark
et, dans un cas comme dans l’autre, l’issue n’est pas
celle qui était espérée. Poet […] Magic of bounty, all these spirits thy power Le poète […] Magie de la munificence, tous ces esprits Dans ces deux vers, Timon serait une sorte de Faust athénien, disposant d’esprits à son service pour répandre des bienfaits qui semblent quasiment divins aux dires de ses amis : First Lord […] Come, shall we in, Second Lord He pours it out. Plutus the god of gold Premier Seigneur Venez, entrons Deuxième Seigneur Il la déverse à flots. Plutus, dieu de l’or
Ce qui est décrit dans ce passage c’est une économie du don et du contre-don, où l’esprit de munificence aristocratique se doit de faire assaut de générosité quand il s’agit de donner ou de rendre la politesse, et il est possible que le mot « steward », par ailleurs réservé au personnage de Fulvius, l’intendant au grand cœur, fasse ici allusion au premier des Stuarts, le roi Jacques Ier, qui était friand de fêtes et coutumier de cadeaux somptueux faits à ses amis. On peut difficilement ne pas voir là une manière d’écho aux critiques des puritains face aux extravagances somptuaires de la cour de Jacques Ier : […] there is in Timon of Athens a strong Calvinist critique of both a culture of debt and a culture of wasteful extravagance. Both were seen to typify the court of King James, who was notorious for giving jewels and other rich presents to attractive younger men […] The play’s attack on values associated with the court is underpinned by the social role of the Steward…7 […] on trouve dans Timon d’Athènes une critique sévère, d’inspiration calviniste, de la culture de l’endettement et de la dépense excessive. Toutes deux étaient jugées refléter les pratiques de la cour de Jacques Ier, notoirement connu pour les bijoux et autres cadeaux somptueux qu’il offrait à des hommes jeunes et beaux. Dans la pièce, la critique de ces valeurs associées à la cour est étayée par le rôle social joué par l’Intendant. Dès lors, le passage de la philanthropie un peu folle à la misanthropie la plus noire s’effectue par le biais de la brusque succession de la fête et de l’anti-fête, selon la formule lapidaire et quasiment intraduisible de l’Intendant : « Feast won, fast lost » (IV.166) [Ce que la fête a fait, le jeûne l’a défait]. On passe ainsi sans transition, ou presque, du carnaval au carême. Et, pour mieux illustrer la symétrie de ces deux mondes, où le nouveau Timon est l’envers de l’ancien, on va assister à un faux banquet qui annonce celui que Prospéro organisera pour punir ses ennemis dans La Tempête. Et c’est au terme de cette cérémonie expiatoire, où il dénonce dans ses invectives l’ingratitude de ses anciens obligés qu’il prenait pour des amis, que Timon fait sa profession de foi misanthrope : Burn house! Sink Athens! Henceforth hated be Brûle maison ! Croule, Athènes ! Que soient désormais haïs Les trois subjonctifs, « burn, sink, be »
ont ici quasiment la valeur d’une proclamation, tandis que le rejet
de « be » en fin de vers transforme la haine en
une sorte d’état permanent. Par ailleurs, l’opposition
entre la rapidité de l’actif « Burn house »,
« Sink Athens » et l’allongement du passif
encore souligné par le caractère artificiel de l’inversion
et du rejet du sujet au vers suivant (« hated be/Of Timon »)
marque bien l’entrée dans le règne du négatif,
l’utopie généreuse du début faisant désormais
place à la dystopie du désenchantement amer. […] Piety and fear, […] Pitié et peur, Les épidémies s’abattront sur le monde avec leur cortège de plaies et de prurits, la jeunesse se livrera sans frein à l’intempérance et à la débauche, l’amitié deviendra un poison et la compagnie des bêtes infiniment préférable à celle des hommes. Timon, qui s’exclut ainsi de la compagnie des hommes, rejoint Aristote qui déclarait dans sa Politique que […] he that cannot abide to live in company, or through sufficiency hath need of nothing, is not esteemed a part or member of a city, but is either a beast or a god.9 […] celui qui ne peut vivre en société ou qui se suffit à lui-même, n’est pas considéré comme un citoyen mais comme une bête ou comme un dieu. Ceci explique peut-être, au moins en partie, les nombreuses répétition du mot « dog » (à titre d’insulte autant que comme application littérale du « cynisme ») et du mot « god », deux mots réversibles qui deviennent quasiment interchangeables dans la pièce. Ils constituent les deux pôles d’un régime où l’on passe d’un extrême à l’autre, comme Apemantus l’a parfaitement vu : The middle of humanity thou never knewest, but the extremity of both ends. When thou wast in thy gilt and perfume, they mocked thee for too much curiosity; in thy rags thou know’st none, but art despised for the contrary. (XIV.302-306) L’humanité moyenne t’a toujours été étrangère et tu n’auras connu que les extrêmes. Quand tu étais dans les dorures et le parfum, on se moquait de toi pour ton raffinement excessif ; en haillons, il n’en est plus question, mais on te méprise pour tes excès contraires. L’exil volontaire de Timon révèle le revers de la médaille, l’autre face d’un personnage excessif dans la bonté comme dans la détestation, et il n’est dès lors guère surprenant que le programme du misanthrope épouse à peu près toutes les configurations du monde à l’envers.
II. Le monde à l’envers10
A sa manière la pièce reprend l’idée platonicienne selon laquelle le monde, créé parfait à l’origine, se dégrade progressivement avec le temps, l’âge de fer nous éloignant irrémédiablement de l’âge d’or des commencements. On en trouve des échos dans la réplique du peintre à la question du poète : Poet How goes the world ? Painter It wears, sir, as it grows… (I.2-3) Le poète Comment va le monde ? Le peintre Il s’use, monsieur, en vieillissant… Et, aux yeux d’Apemantus qui s’exclame “Who lives that’s not depraved or depraves” (II.136) [Qui, dans la vie, n’est pas corrompu ou n’a pas corrompu ?], cela semble quasiment aller de soi. Dans leur discussion à propos de l’allégorie de la Fortune, le peintre complimente le poète en termes ambigus et dans une image qui évoque la dégringolade : Painter […] yet you do well Le peintre […] pourtant vous faites bien Mais, de façon plus générale, la dégradation est signalée par des catastrophes et des expressions délibérément ambiguës comme « great flood » (I.42) [flot incessant], prolongées par d’autres à valeur analogue comme « his flow of riot » (IV.3) [torrent de ses plaisirs] ou « your great flow of debt » (IV.137) [l’avalanche des dettes], qui annoncent quelque déluge à venir. De même, les larmes que Timon verse sous le choc de l’émotion quand il célèbre les plaisirs que lui procure l’amitié, où le deuxième Lord voit une forme d’accouchement après que la joie a ensemencé l’œil, préfigurent en réalité l’anéantissement futur, quand les vagues de l’océan viendront battre la tombe de Timon : Timon Come not to me again, but say to Athens, Timon Ne venez plus me voir, mais dites à Athènes Dès lors, les images de ruine, réelle ou métaphorique, prédominent : Steward Is yon despised and ruinous man my lord, L’Intendant Cet homme méprisé là-bas, cette ruine, c’est mon maître, Si délabré, si décrépit ? Quel mémorial En faisant rimer “epitaph” et “laugh”, Timon évoque le rictus macabre du crâne et l’hystérie à venir de la danse de mort au milieu des épidémies de peste : […] Make thine epitaph, […] Compose ton épitaphe Désormais, à ses yeux, tout va de travers, tout est biaisé dans ce monde corrompu où les valeurs se sont définitivement effondrées : All’s obliquy; Tout est oblique ; La civilité en crise abandonne le terrain à la sauvagerie (« Destruction fang mankind », XIV.23, [Que la destruction se fasse les dents sur l’humanité], création verbale aussi audacieuse que compacte puisque « fang » en anglais désigne le croc de l’animal) et ce sont désormais les bêtes qui prennent le pas sur l’humain : The commonwealth of Athens is become a forest of beasts… (XIV.347-48) La république d’Athènes est devenue une forêt pleine de bêtes sauvages. Cette même idée se retrouve dans la longue
tirade de Timon à la scène XII (ll. 1-3 et 35-36). Pity not honoured age for his white beard; Pas de pitié pour la barbe blanche du noble vieillard ; Timon procède à une perversion de la couleur blanche (« white beard », « milk paps »), normalement associée à la vénérabilité de l’âge et à la maternité, et qui devient ici synonyme d’usure et de péché, voire de vice secret. Face à cela, il encourage la prostitution qu’il récompense à grand renfort d’or, pour que ces femmes propagent la syphilis qui va ronger les os et ravager les corps en détruisant le nez et en occasionnant la calvitie qui était provoquée par le traitement au mercure : […] Be whores still, […] Putains soyez-le toujours, Le chancre du nez et l’effondrement de l’arête
nasale, symptôme connu de la syphilis, sert de signe d’impuissance
sexuelle généralisée du fait de l’équivalence
symbolique du nez et du pénis et du jeu de mots sur « bridge »,
au double sens d’arête nasale et de pont. Timon rêve
donc de tarir la sexualité à la source du fait de la propagation
de l’infection et de mettre ainsi un terme à l’espèce
humaine. He looks on the gold
Les oxymores du début (“sweet king-killer”,
“dear divorce”, “bright defiler”) soulignent cet
aspect paradoxal, tout comme ses pouvoirs contraires, mais non contradictoires,
favorisent la dissension et l’union impossible des extrêmes
qu’il fait s’embrasser. Les termes de « divorce »,
« defiler », « fresh-loved »,
« wooer », « blush », « Dian’s
lap », « kiss » et « tongue »
évoquent en filigrane la séduction adultère, la défloration
et la transgression érotique et servent de métaphore à
la notion de trahison secrète qui va mettre le monde à feu
et à sang.
L’itinéraire de Timon est présenté
comme aussi singulier que paradoxal. A l’époque de sa splendeur,
il distribuait l’argent qu’il n’avait pas, puisqu’aux
dires de l’Intendant, il ne réussissait qu’à
accumuler les dettes. Il évoluait dans un monde de semblants et
d’artifices où il confondait trop volontiers amis et obligés,
générosité et prodigalité. Qu’il quitte
Athènes pour vivre en ermite vengeur dans une caverne au milieu
des bois, il tombe aussitôt sur une véritable mine d’or
qui va lui servir cette fois à inverser le processus précédent.
Prodigue il reste, mais pour mieux confondre et corrompre, transformant
ses bienfaits du début (paiement d’une dette considérable
pour tirer un ami de prison, versement d’une dot pour permettre
à son serviteur d’épouser celle qu’il aime)
en malfaisance systématique et radicale. Le philanthrope une fois
retourné et converti à la misanthropie va changer l’utopie
de l’amitié en dystopie de la haine et de l’exécration
de l’homme en général. On peut dire que Timon est
devenu son propre contraire, cela de manière irréversible,
un peu comme si le docteur Jekyll s’était définitivement
transformé en Mr Hyde. Live loathed and long, Vivez honnis pendant longtemps, Il y a néanmoins un sens de la contrariété,
mâtiné d’ironie amère, dans les oxymores du
vers 94 qui dénoncent la comédie des apparences tout en
annonçant la venue de la loi de la jungle, lorsque les bêtes
féroces règneront en maîtres. […] Thus much of this will make […] Un peu de cet or va rendre On a là un exemple frappant de cette fusion des impossibilités que l’on fait s’embrasser (XIV.388-89), montrant ainsi qu’il n’y a pas que l’or, ce dieu visible, pour faire des « miracles », et que la véritable alchimie de Timon est d’abord une alchimie du verbe. Confondant Plutus, dieu de l’or, et Pluton, dieu des enfers, Timon s’enferme dans une sorte de rêve démiurgique infernal et s’affirme comme force satanique vouée à accroître l’empire et la puissance du négatif. Il est passé sans transition ou presque du printemps de l’abondance (« bounty », «supply ») à l’hiver du dépouillement misanthrope, comme il l’explique à Apemantus : But myself, Mais moi, Cette image de l’arbre soudain mis à nu par un coup de vent glacial a la force d’une représentation emblématique en même temps qu’elle s’accorde avec l’idée de la mélancolie et d’une sorte de vieillissement accéléré du personnage. La fin indique la prédominance d’une sorte de lyrisme de l’anéantissement, signe d’épuisement autant peut-être que d’un certain apaisement : My long sickness La longue maladie Le paradoxe initial de la mort comme guérison de la vie est suivi d’une figure qui proclame l’équivalence du tout et du rien et qui sera reprise dans les deux distiques qui mettent un point final au discours de Timon : Lips, let four words go by, and language end. Lèvres, quatre mots encore, et que le langage finisse. Le règne de Timon consacre le triomphe de la mort et du néant, laissant à la peste et aux épidémies le soin de parachever son oeuvre.
Faut-il voir en Timon d’Athènes
une œuvre expérimentale, mi-tragédie par sa noirceur,
mi-comédie satirique par le fait que le héros ne meurt pas
sur scène mais disparaît de façon un peu mystérieuse
après avoir déroulé son programme de corruption,
puis de destruction de l’humanité en guise de représailles
à la trahison de ses amis ? Son caractère un peu statique
en fait une forme de moralité ou de débat dramatique, d’autant
que les deux parties de la pièce forment un dyptique où
les différentes séquences s’opposent terme à
terme, même si la folie mélancolique du misanthrope est largement
préfigurée dans sa folie des grandeurs initiale.
1 Edition utilisée: Timon of Athens, John Jowett ed., Oxford, Oxford University Press (Oxford World Classics), 2004. 2 L’espace vide. Ecrits sur le théâtre, Paris, Seuil (Points), 2001 (pour la traduction française). 3 C’est à lui qu’on attribue en effet la paternité de la comédie anonyme, Timon, jouée à l’une des écoles de droit de Londres (« Inns of Court ») en 1602-1603. Voir sur ce point Stanley Wells et Gary Taylor, The Complete Works, (édition compacte), Oxford, The Clarendon Press, 1988, préface à Timon d’Athènes, p. 883. 4 Voir Timon of Athens, introduction, pp. 1-3. 5 Christopher Marlowe, Le Docteur Faust, édition de François Laroque et traduction de François Laroque et Jean-Pierre Villquin, Paris, GF Flammarion, 1997. Pour le lien entre Le Docteur Faust et Timon d’Athènes, voir les articles d’Anne Lancashire, « Timon of Athens : Shakespeare’s Dr. Faustus », Shakespeare Quarterly, Vol. 21 (Hiver 1970), pp. 35-44 et de Robert Wilcher, « Timon of Athens : A Shakespearian Experiment », Cahiers Elisabéthains, 34 (1988), pp. 61-78. 6 Chaque citation en anglais est suivie de ma traduction en italiques. 7 Timon of Athens, Introduction, pp. 49-50. 8 Gail Kern Paster, The Idea of the City in the Age of Shakespeare, Athens, Georgie, University of Georgia Press, 1985, p. 104. 9 Cité par John Jowett, Timon of Athens, Introduction, p. 29. La traduction en anglais du texte d’Aristote remontant à 1598, il n’est donc pas impossible que Shakespeare ait pu en avoir connaissance. 10 Sur ce thème, voir en particulier L’image du monde renversé et ses représentations littéraires et para-littéraires de la fin du XVIe siècle au milieu du XVIIe, Jean Lafond et Augustin Redondo eds., Paris, Vrin, 1979. 11 Personnage principal de la grande moralité anglaise de la fin du XVe siècle (en fait traduite anonymement du hollandais), Everyman (Tout Homme), qui incarne le chrétien moyen brutalement confronté à la Mort et qui doit faire ses comptes pour assurer le salut de son âme.
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